Handicap: 50.000 places nouvelles pour améliorer l’accueil des personnes handicapées
AFP - 10 juin 2008

© F.Lo Presti - AFP
Nicolas Sarkozy a annoncé mardi un “plan de création de places” pour les personnes handicapées prévoyant la construction de “50.000 places nouvelles” en cinq ans, ainsi qu’un “Pacte pour l’emploi”, en ouvrant la Conférence nationale du handicap à Paris.
Nicolas Sarkozy a annoncé mardi un “plan de création de places” pour les personnes handicapées prévoyant la construction de “50.000 places nouvelles” en cinq ans, ainsi qu’un “Pacte pour l’emploi”, en ouvrant la Conférence nationale du handicap à Paris.
Très attendue par les associations représentant quelque 5 millions de personnes handicapées, l’objectif de cette conférence est de dresser un bilan de la loi Handicap de 2005 et de lever les obstacles à l’accueil et l’intégration des handicapés, notamment dans l’emploi.
“Actuellement, il y a 15.000 enfants et 12.000 adultes sur des listes d’attente”, a déclaré le président de la République, relevant que “des familles sont obligées d’aller (trouver des places d’accueil) en Belgique”. “C’est un scandale”, a-t-il dit. Le gouvernement va mener “un plan de création de places. En cinq ans, on va construire 50.000 places nouvelles”, a-t-il poursuivi.
“Ces 50.000 places sont un effort indispensable pour ne plus laisser les parents dans la crainte de mourir”, sans savoir ce que deviendront leurs enfants handicapés, a estimé Nicolas Sarkozy.
Le président de la République a également annoncé mardi une réforme de l’Allocation adulte handicapé (AAH), “attribuée parfois de manière arbitraire” et “inadaptée” à ceux qui peuvent travailler. L’AAH doit devenir, a indiqué le président de la République, “un tremplin pour les personnes handicapées qui peuvent travailler”.
Côté insertion professionnelle, Nicolas Sarkozy a présenté un “Pacte pour l’emploi des personnes handicapées”, destiné à favoriser leur qualification et leur insertion professionnelle.
“C’est pour moi un impératif” que le seuil obligatoire de 6% de travailleurs handicapés dans les entreprises “soit atteint”, a-t-il affirmé. Quant aux administrations, elles doivent être “exemplaires”, a-t-il dit, se félicitant qu’”entre 2007 et 2008, la hausse des recrutements des personnes handicapées dépasse 25%”.
Dans le cadre de ce “pacte” - qui doit être détaillé dans l’après-midi par le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez - M. Sarkozy a demandé aux employeurs “d’être plus nombreux à s’engager sur des plans pluriannuels d’embauche” et de “contribuer à la qualification des personnes handicapées”. Le chef de l’Etat a promis “en contrepartie” une série d’”engagements” de l’Etat, qui “aidera les entreprises à lever les obstacles qu’elles rencontrent pour embaucher des travailleurs handicapés”.
La loi Handicap du 11 février 2005 avait fixé des règles ambitieuses en matière d’accessibilité, scolarisation ou emploi. Les associations regrettent toutefois la lenteur dans l’application des textes.
Un sondage réalisé fin mai par l’Ifop auprès de 400 adhérents de l’APF (association des paralysés de France) montre que les trois-quarts d’entre eux estiment n’avoir perçu aucun changement dans leur vie quotidienne, sauf dans l’accessibilité des lieux publics et des transports. Une majorité a même ressenti une dégradation dans le domaine des ressources et du pouvoir d’achat.
Fait rarissime, plusieurs milliers de personnes handicapées sont descendues dans la rue à Paris le 29 mars pour exiger “un revenu d’existence décent”, au moins égal au Smic, pour les “centaines de milliers” de personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler et vivent au-dessous du seuil de pauvreté (817 euros par mois pour une personne seule).
La scolarisation des enfants handicapés est un autre point fort de la mobilisation des associations. La loi de février 2005 fait obligation aux établissements scolaires d’accueillir les enfants handicapés que leurs parents souhaitent voir intégrés en milieu ordinaire. Mais ce droit est mal appliqué, disent les parents, faute d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et d’enseignants “référents” en nombre suffisant et bien formés.
A la rentrée 2007, 32.000 enfants étaient accompagnés, quelques heures par semaine ou à temps complet, par un AVS et 22.700 l’étaient dans le cadre d’un établissement spécialisé, selon le ministère. 160.000 enfants handicapés sont inscrits dans l’école de leur quartier (20% de plus qu’en 2005).
La loi a aussi fixé un objectif ambitieux en matière d’accessibilité des établissements accueillant du public, avec obligation de rendre leurs locaux conforme en 2015. Mais l’APF, dont les adhérents sont très mobilisés sur ce point, déplore “la nonchalance quasi-générale” des établissements concernés “depuis trois ans”.