Contributions
Contribution de Philippe Duez - 11 octobre 2007
Reconstruire un Centre moteur et actif
A la veille du second tour des élections présidentielles, j’avais intitulé le titre d’un article: comment peut-on voter Sarkozy sans être sarkozyste ? autrement dit sans perdre son âme avec la volonté d’être un acteur des réformes plutôt qu’un spectateur grincheux, sarcastique, malheureux et surtout … inutile
Aujourd’hui mes convictions centristes sont toujours les mêmes, plaçant l’homme au cœur du débat, le respect de la conviction de chacun toujours vivant, mais le besoin de réforme de plus en plus impérieux.
Le clivage droite gauche n’est désormais plus le même, l’ouverture et l’arrivée au gouvernement d’e femmes et d’hommes venus d’horizons divers ? Bayrou la rêvé, Sarkozy l’a fait et ce n’est pas fini quand bien même quelques parlementaires UMP conservateurs tentent de l’en dissuader en poussant des cris de vierges effarouchées. Tous réunis sur l’impérieuse nécessité (comme disait De Gaulle) de réformer d’urgence notre « cher vieux pays » pour lui éviter de devenir un « cher » « vieux » « pays » en dehors des nations dynamiques de l’Europe et du Monde. Regardons autour de nous, l’Allemagne, les pays nordiques, mais aussi l’Espagne, Qui a réformé ? Qui a vaincu les déficits ? Qui voit sa croissance donner des raisons d’espérer à ses populations ?
Nous allons devoir faire face de plus en plus à l’Afrique du Sud, au Brésil, à l’Inde à la Chine, y voit-on une aspiration à la réduction du temps de travail, aux maintiens de dizaines de régimes spéciaux de retraites hérités du siècle dernier ou aux privilèges fiscaux dignes de l’Ancien Régime ?
Le mal français vient aussi de la dictature des mots qui deviennent tour à tour slogans plutôt qu’objectifs, incantations plutôt que réalités. Aussitôt prononcé le mot « rupture » que la conception française de la solidarité est mise à mal, aussitôt prononcé le mot « rigueur » que surgit un Père fouettard ou le spectre de Méline, quant au mot « faillite » s’il n’est pas en l’espèce pertinent, il n’en est pas moins globalement pertinent. Les maux peuvent ils être éradiqués par les mots quand ils perdent leurs sens ? Je ne le pense pas.
Aujourd’hui il nous faut reconstruire des solidarités actives, efficaces et humanistes en ayant pas peur de certaines ruptures avec des conformismes faciles et trop souvent conservateurs, il nous faut traiter les finances publiques et des collectivités avec la résolution que la situation nous impose.
Les familles savent bien que l’on ne peut dépenser plus que ce que l’on ne gagne, et ce discours avait été perçu positivement lors de la campagne électorale, mais les avantages acquis repointent le bout de leurs nez. Encore faut-il que les efforts soient partagés et le Nouveau Centre a le courage de dire qu’il faut s’attaquer aux privilèges de toutes sortes, qu’il faut être cohérent par exemple sur la préservation de notre système de santé avec des cotisations qui n’exonèrent personne.
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Contribution de Xavier Lefevre - 27 septembre 2007
Le centre doit continuer à apporter sa fibre humaniste et démocrate sociale à la vie politique française. La constitution du Nouveau Centre va permettre de perpétuer les valeurs portées par l’UDF.
Les centristes responsables doivent réfléchir sur l’avenir et apporter leur contribution au gouvernement d’ouverture actuel pour faire gagner la France, car avant de faire gagner son camp il faut travailler dans l’intérêt général. Les français ont fait confiance à Nicolas SARKOZY pour rompre avec la politique du passé et réformer notre pays. Nous devons contribuer à cette démarche.
Au lendemain de l’élection présidentielle et à l’analyse du résultat de François BAYROU j’ai trouvé que nous avions là devant nous une superbe occasion de voir les centristes se réunir et ce fut le contraire. Sur le plan local, j’imaginais qu’un jour Olivier HENNO puisse à nouveau travailler avec Marc Philippe DAUBRESSE et que nous aurions pu réfléchir à refonder cette force centriste mais le modem était passé par là et l’ouverture proposée par Marc Philippe DAUBRESSE fut mise au second rang pour des raisons partisanes.
Je n’approuve pas cette volonté de diviser, je n’approuve pas l’élimination de l’UDF de la vie politique et encore moins ce comportement d’opposition systématique qui semble être incarné par les troupes du modem.
Pour ces différentes raisons j’ai choisi de faire un bout de route avec mes amis du Nouveau Centre. L’analyse de Jean DIONIS (député du NC) résume assez bien le point de vue que je partage :
« Le Nouveau Centre force autonome dans la majorité présidentielle de 2007 à 2012 :
Dans la situation actuelle, le nouveau Centre est donc la structure d’accueil naturelle des centristes qui veulent situer leur action à l’intérieur de la majorité présidentielle de N. Sarkozy et clairement lui apporter leur soutien par leurs votes à l’Assemblée Nationale et par leur participation à ce gouvernement.
Je suis clairement un de ceux-là. Je vais donc adhérer au Nouveau Centre. Je le fais lucidement conscient les forces et les faiblesses d’une telle structure.
Les forces ne sont pas négligeables :
- Un positionnement politique clair
- Un groupe parlementaire actif et expérimenté à l’Assemblée Nationale
Les faiblesses sont réelles. Ce sont celles des structures naissantes :
• Faiblesse militante
• Equipe dirigeante nationale peu connue
• Quelle autonomie pour le Nouveau Centre, la question des scrutins locaux et l’ouverture dans tout cela ? »
C’est conscient de nos forces et faiblesses que nous aborderons les scrutins à venir. La clarté de notre discours, notre volonté de perpétuer nos valeurs centriste et humanistes et le respect de nos convictions profondes sont une garantie pour les français qui ont toujours fait confiance au Centre.
Jean DIONIS conclut sur son blog :
« Enfin, à toutes celles et à tous ceux d’entre nous que ces événements rendent tristes et nostalgiques, et qui seraient tentés de rentrer chez eux cultiver leur jardin, je dis qu’il n’y a pas de place ni pour la tristesse, ni pour la nostalgie. Nos idéaux – européens, sociaux, de liberté– ont toujours besoin de nous. Les structures ne sont que des outils passagers. Longue vie donc au Modem et au Nouveau Centre, en sachant qu’ils passeront et que nous saurons un jour nous retrouver. Car le Centre a la peau dure. Il est une des familles politiques pérennes de notre nation ».
Xavier Lefevre, Canton de Quesnoy sur Deûle
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Contribution d’Hervé Dizy - 26 septembre 2007
François Bayrou a parié gros et perdu. Comme 7 millions de Français, j’ai cru à cette idée d’un grand rassemblement au Centre, j’ai participé à ce challenge en étant le référent de François Bayrou pour le canton de Tourcoing Nord, mais la belle idée du leader national de l’UDF n’a pas pris. J’ai été fort surpris par la déclaration de mon champion refusant à titre personnel de voter pour Nicolas Sarkozy alors que durant toute la campagne il s’est refusé à toute consigne de vote ; pour situer son discours en dehors de la logique bloc contre bloc qui, compte tenu de la diversité sociologique française, n’a plus de pertinence, il ne devait pas refuser l’un ou l’autre, mais choisir l’un et l’autre en appuyant chacun quand la direction prise était la bonne. Il est alors logique qu’une partie de ses troupes ne s’y retrouve plus après ce choix personnel et solitaire. J’ai rencontré Mme Valérie Létard qui a accompagné François Bayrou dans sa campagne, parcouru la France à ses côtés, elle s’est sentie flouée et a quitté le MoDem pour rejoindre le Nouveau Centre d’Hervé Morin. Comprendre sa position me paraît important : elle aurait très bien pu rester dans le “confort” du Sénat jusqu’en 2011 en menant une vaine guérilla contre Nicolas Sarkozy, mais agir de la sorte contre le Président des Français, n’est-ce pas agir contre la France ? Elle a donc accepté un siège (éjectable) dans un gouvernement qui avance au pas de charge pour agir de l’intérieur afin d’infléchir la course présidentielle. Le nouveau président a déclaré vouloir être le président de tous les Français et pas seulement celui de ceux qui ont voté pour lui. On reconnaît là une des vertus de la démocratie américaine, qui les élections passées, mettent de côté les rancoeurs pour se ranger unanimes derrière le nouveau chef afin que tout monde pousse dans la même direction. Dans ces conditions, infléchir de l’intérieur du gouvernement plutôt que de faire de la résistance semble plus responsable.
Pour autant des questions locales restent entières. Il y a notamment cette question embarrassante : Si le Nouveau Centre se situe dans la majorité présidentielle, si le député de Tourcoing Christian Vanneste se situe aussi dans la majorité présidentielle, comment se situe le Nouveau Centre par rapport au député Vanneste et ses déclarations extrêmistes condamnées par Nicolas Sarkozy lui-même ? Quel dilemme ! J’ai mal au Centre qui se déchire.
Hervé Dizy. Conseiller municipal de Roncq