La Voix du Nord – Région – samedi 14 novembre 2009
ÉLECTIONS RÉGIONALES
Xavier Bertrand et le choix de Valérie Létard : « Nous avions annoncé l’union, nous la faisons ! »
Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, officialise le choix de la centriste Valérie Létard, secrétaire d’État au Développement durable, pour conduire la liste de la majorité aux élections régionales. Elle s’exprimera aujourd’hui à Arras.
– Valérie Létard conduira bien la liste de la majorité aux élections régionales ?
« Nous avions annoncé l’union, nous la faisons ! Sans l’union, pas de victoire, avec l’union elle est possible d’autant que la désunion sera la règle à gauche. L’union de la majorité présidentielle est naturelle, elle était souhaitée. En politique, quand on fait l’union, deux plus deux ça fait cinq. Je remercie Thierry Lazaro, qui en tant que chef de file pour l’UMP va maintenant travailler à la constitution de la liste avec Valérie Létard, avec qui j’ai bien travaillé lorsque j’étais ministre. Cette liste sera validée par la commission nationale d’investiture avant fin janvier. Il faut s’attendre à des surprises sur ces listes. Nous voulons un renouvellement fort dans le Nord et le Pas-de-Calais qui est aussi le seul gage de succès. Il faut que la politique s’ouvre à des talents nouveaux. C’est aussi pour cela que je veux doubler le nombre d’adhérents à l’UMP d’ici à 2012. À ceux qui veulent s’engager en politique, je dis qu’on n’a plus besoin d’avoir une période de stage de trente ans pour avoir le droit d’être candidat ! »
– Quel programme pour cette liste ?
« La ligne rouge, c’est zéro augmentation de la fiscalité régionale pendant le mandat. Nous pensons qu’il faut laisser l’argent dans la poche des Français plutôt que de leur prendre afin qu’ils puissent le dépenser et relancer la machine économique. On sait que la région figure parmi celles qui imposent le plus les entreprises. Le conseil régional n’est pas assez dynamique pour aider cette région à sortir de la crise. Nous aurons un programme pour l’emploi et l’industrie. La thématique de la santé sera aussi très forte dans notre campagne. Et sur la réforme des collectivités locales, on verra la différence entre l’immobilisme des socialistes et nous qui voulons un système plus simple, plus lisible et plus économe ! L’explosion des dépenses de fonctionnement, ce n’est pas ce dont a besoin le Nord - Pas-de-Calais. »
– La liste d’union, cela veut dire aussi moins de réserves au deuxième tour…
« C’est la dynamique du premier tour qui crée les conditions de la victoire. S’entendre avant l’élection c’est s’entendre pour travailler ensemble après l’élection. Les fractures du premier tour ne s’évanouissent jamais comme par enchantement entre les deux tours. »
– Le contexte n’est pas très favorable à la majorité, avec beaucoup de voix discordantes, sur le bouclier fiscal, la taxe professionnelle. Désormais tout le monde va rentrer dans le rang ?
« Y a-t-il une seule réforme qui n’a pas été votée depuis 2007 ? Aucune. Comme les socialistes sont aux abonnés absents, il y a des débats naturels au sein de la majorité. Mais au final, il y a une ligne politique claire, la tenue des engagements du président de la République. La valeur du travail, l’entreprise, la sécurité, la famille, l’identité nationale. Nous serons fidèles à nos valeurs. Nous n’avons pas été élus pour réformer pendant deux ans et demi mais pendant cinq ans. La France ne peut pas s’arrêter à la mi-temps. Et si la France change, il faut aussi que la région Nord - Pas-de-Calais change. »
– Faire un débat sur l’identité nationale maintenant, n’est-ce pas un appel du pied à l’électorat du FN ?
« Ce n’est pas un débat partisan. La question c’est : pourquoi n’est-ce jamais le moment de l’engager ? Aux États-Unis, Barack Obama parle de l’identité américaine, personne ne dit rien. Gordon Brown et Angela Merkel aussi parlent de cette question. Il n’y a qu’en France qu’il y a une polémique. Après la crise, il est encore plus essentiel de savoir où l’on va mais aussi qui on est. »
– Vous avez piloté comme ministre la mise en place du service minimum dans les transports. La réforme n’a-t-elle pas montré ses limites ces derniers jours ?
« J’ai toujours dit qu’avec 90 % de grévistes, on ne pourrait pas faire circuler 90 % de trains. Que s’est-il passé sur les lignes RER lundi et mardi ? Le premier jour, il y a eu une gêne très importante mais avec tout de même des trains et des moyens de substitution. Le deuxième jour, un train sur deux circulait. Sans le service minimum, la paralysie aurait été totale. » •





