Francis Vercamer, Député-Maire de Hem, accueille Christine Boutin, Ministre du Logement
La Voix du Nord - Edition de Roubaix - mardi 29 avril 2008
HEM
Christine Boutin est venue voir « la parfaite illustration du renouvellement urbain »

Visite ministérielle au pas de charge, hier après-midi à Hem. Le député-maire Francis Vercamer a emmené la ministre du Logement et e la Ville, Christine Boutin, dans le quartier Haut Champs-Longchamp, à la découverte des réalisations et (nombreux) projets de rénovation urbaine.
Tout de suite, le tutoiement est de rigueur. D’abord, de la part de Mohammed Kaddouche, trublion hémois réclamant « plus de transparence » : « Tu te souviens la dernière fois que tu es venue ? », lance-t-il ironiquement à une Christine Boutin à peine descendue de voiture. L’homme à la carrure chétive sera maintenu à distance et en respect durant toute la visite par de grands et musclés policiers en civil.
Le « tu » est aussi de rigueur pour Francis Vercamer, trop heureux d’accueillir la ministre pour lui montrer à quel point on est en première ligne sur le renouvellement urbain, ici, à Hem. Le députe-maire a peu de temps, il y va tous azimuts : « Là (les friches industrielles de la Lèverie), on a deux usines démolies, c’est destiné à faire à la fois du logement social et de l’accession à la propriété » Et, lui montrant de grandes photos : « Là, tu vois, ça a été refait, alors qu’avant, ça faisait un peu comme dans “Bienvenue chez les Ch’tis” » Dommage : « J’ai pas encore vu le film », avoue la ministre. Qu’importe, le cortège part d’un pas rapide, pour une marche à travers le quartier. « Par ici, la Coulée verte (…) Là-bas, il y a aussi le site Stein, côté Lys. Ça va être détruit pour faire un village d’entreprises. Ici, on démolit tout ! Mais c’est un peu long… » Passage devant la tour HLM du Docteur-Roux qui - devinez quoi… - « va être démolie ». Eh oui. À la place, ce sera du logement individuel. Un peu plus loin, rue du Dr-Schweitzer, la ministre lance un « Bonjour ! » à un passant. Ce qui lui permettra de dire plus tard qu’elle a « rencontré les habitants du quartier ». L’homme répond poliment. Ce qu’il n’a pas eu le temps de dire, c’est qu’il attend depuis plusieurs années un relogement pour sa famille de neuf personnes. Le genre de cas particulier évoqué ensuite par Francis Vercamer, pour illustrer les difficultés posées par le renouvellement urbain. Pour autant, la plupart des Hémois à reloger dans le cadre du renouvellement urbain l’ont été : 84 % (266 logements sur 316), dont seulement 13 % en dehors du quartier.
Au bout de la marche, la pose d’une première pierre attendait Christine Boutin, celle des futurs 74 logements qui s’érigeront à la place de l’ancien groupe scolaire Longchamp (type Pailleron), détruit. Après avoir joué les maçons, la ministre a rassuré son hôte : « Vous pouvez compter sur moi pour la prorogation des délais nécessaires à la finalisation de votre entreprise ». Et, répondant à Francis Vercamer, rappelant que « l’urbain, c’est bien, l’humain c’est mieux », l’ardente protectrice des valeurs traditionnelles de la famille a souhaité « une gestion urbaine de proximité, afin que les habitants s’approprient non seulement le projet mais aussi sa mise en oeuvre (…) C’est une politique ambitieuse, destinée à redonner l’espoir aux habitants des quartiers. C’est donc aussi l’occasion de proposer des emplois aux habitants, en particulier les jeunes. » Justement, certains d’entre eux étaient là, par curiosité. Mais placés derrière le cordon humain de sécurité, donc un peu trop loin pour entendre cette preuve de bonne volonté ministérielle. •