La Voix du Nord – Edition de Valenciennes – vendredi 11 avril 2008
VALENCIENNES MÉTROPOLE
Jean-Louis Borloo laisse à Valérie Létard l’agglo en héritage

Élue présidente de Valenciennes Métropole à une très large majorité, Valérie Létard s’est résolument inscrite dans la trace de son collègue du gouvernement, Jean-Louis Borloo, encore absent hier soir. « Notre seul devoir, c’est de rester unis et solidaires pour que notre territoire se tourne vers l’avenir », a-t-elle insisté.
On attendait Luc Coppin, maire Vert de Fresnes-sur-Escaut. C’est finalement Michel Lefebvre, son homologue communiste de Quiévrechain qui a porté le fer de la contestation. Pas vraiment une surprise pour les cent cinquante-trois délégués titulaires et suppléants, présents ou représentés, qui s’étaient massés hier soir salle Bustin, dans les locaux du SITURV, pour l’installation du conseil communautaire de Valenciennes Métropole. Le vieux lion quiévrechinois, élu de la République depuis 1971 (il était à l’époque simple conseiller municipal), avait fait part de son intention aux maires des trente-cinq communes membres de l’agglo par courrier, la veille.
Forfait, Luc Coppin a quand même largement profité de la tribune qui lui était offerte, en tant que doyen d’âge, pour dire tout le mal qu’il pensait du fonctionnement de l’agglo. Dans un discours truffé de références (de Bernanos au Ben-Hur Marcel de Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ ), il n’a épargné rien ni personne, flinguant au passage « les tireurs de ficelles » et les petits arrangements entre amis. « Parler de l’organisation de l’agglo sans en fixer les grands axes » : une aberration pour lui.
Michel Lefebvre est pourtant allé à sa place au bout de la démarche. En franc tireur, sans le soutien (officiel) des groupes socialiste et communiste. « Le débat démocratique est aussi un combat politique, a-t-il expliqué. Valérie Létard, que j’estime et dont je respecte les convictions, a fait le choix de rester au gouvernement. Qu’elle le veuille ou non, elle représente une politique que les électeurs de gauche rejettent. Je me refuse à transiger sur ces convictions profondes. » Cette volonté de politiser le scrutin n’a que très peu pesé au moment du vote. Les jeux étaient faits dès le premier tour et l’installation à la présidence de la secrétaire d’État à la Solidarité entérinée dès 20 h 20 : sur 89 suffrages exprimés, 74 se sont portés sur sa candidature. Il était temps pour Valérie Létard,
« Valenciennoise de coeur et d’engagement », de revendiquer l’héritage de Jean-Louis Borloo, qu’elle s’est engagée à faire fructifier. Elle a déjà renoncé à son indemnité et à sa délégation d’adjointe à la Ville de Valenciennes, a demandé à ce que sa présidence de commission au conseil régional soit mise entre parenthèses, et sera, c’est promis, présente « le lundi, le jeudi et le week-end ».
Son engagement pour l’agglo, faut-il comprendre, sera total. « Je suis prête à travailler avec vous tous, au service de tous les habitants. » •





