Valenciennes Métropole : Valérie Létard revient en scène pour réconcilier les points de vue

La Voix du Nord – Edition de Valenciennes – vendredi 4 avril 2008

VALENCIENNES MÉTROPOLE

Valérie Létard revient en scène pour réconcilier les points de vue

Rien n’est jamais figé en politique. Quinze jours après avoir affirmé ne pas briguer la présidence de l’agglo, Valérie Létard s’apprête à en recevoir les clés. Sa candidature, en l’état, est la seule à même de désamorcer une guerre de succession dont Valenciennes Métropole ne sortirait pas indemne.

Contrairement aux apparences, l’installation du conseil d’agglo est bien maintenue au jeudi 10 avril. La réunion à laquelle sont conviés demain matin, dans les locaux du SITURV, les maires des trente-cinq communes adhérentes n’est pas inscrite au calendrier. Jean-Louis Borloo en sera peut-être, pour régler les derniers détails de sa succession. Qui pourrait donc être assurée par Valérie Létard.

La secrétaire d’État à la Solidarité avait dit « non » dans un premier temps. Cette décision mûrement réfléchie, annoncée en primeur à la majorité municipale le 20 mars, pouvait être perçue de l’extérieur comme un renoncement devant l’obstacle. Elle s’expliquait d’abord par la volonté de la ministre de ne pas s’égarer : promise à une grosse délégation en sa qualité de première adjointe à Valenciennes, l’intéressée n’était pas prête à abandonner non plus la présidence de la commission de l’aménagement du territoire au sein du conseil régional.

L’abîme de perplexité dans lequel son retrait a plongé la droite l’oblige aujourd’hui à changer son fusil d’épaule. Ces quinze derniers jours, les noms ont circulé pour reprendre le flambeau. Dont celui de… Jean-Louis Borloo himself. Ce qui revenait à maintenir un statu quo inenvisageable aux yeux de la gauche. Cécile Gallez ? Handicapée par son âge. Didier Legrand ? Dans la bordure depuis que Dominique Riquet l’y a précipité en lui retirant ses galons d’officier. Et Dominique Riquet justement ? Il a toujours clamé que l’agglo ne l’intéressait pas. Ça n’est sûrement pas à l’avant-veille de passer le témoin à l’hôtel de ville qu’il allait changer de casaque. Et puis il se murmure que les petites communes ne voulaient pas de lui.

La candidature Létard est vite revenue comme une évidence. À droite comme à gauche, sa personnalité consensuelle séduit. Ainsi adoubée, à moins d’une ultime anicroche (lire ci-dessous), la secrétaire d’État devra s’atteler à la tâche dans un contexte de forte instabilité, alimenté par la « valse » des vice-présidents (1). On comprend mieux dès lors son désir (nouveau) d’être délestée de sa présidence de commission à la Région et de sa délégation à la Ville de Valenciennes. •

> 1. – René Flamcourt, Géry Duval, Pascal Vanhelder, Claudie Flipo, Jean-Claude Kikos, André Cartegnie, Patrick Roussiès, Philippe Duée, Bernard Lafont, Roger Ducorron et Didier Legrand vont disparaître du paysage.