Valérie Létard a choisi : elle ne présidera pas Valenciennes Métropole
La Voix du Nord - Edition du samedi 22 mars 2008
CONSEIL MUNICIPAL
Valérie Létard a choisi : elle ne présidera pas l’agglo
Sa désignation comme déléguée à l’agglo, hier soir, n’est qu’un leurre : Valérie Létard a fait savoir dès jeudi soir aux élus de la majorité municipale qu’elle renonçait à briguer la présidence de Valenciennes Métropole. Un désistement qui pourrait contraindre Dominique Riquet à prendre ses responsabilités.
Jeudi matin encore, elle laissait planer le doute sur ses intentions. En marge de la conférence de presse régionale du Nouveau Centre, à Lille, Valérie Létard confiait ne pas vouloir se perdre dans les mandats (notre édition d’hier). Sa propulsion à la tête de l’agglo, le 10 avril lors de la séance d’installation de l’assemblée communautaire, aurait contraint la conseillère régionale à trancher dans le vif et à choisir entre le secrétariat d’État à la Solidarité et son nouveau mandat de première adjointe à la ville de Valenciennes.
Ses partisans, et d’autres, sûrement, verront une forme d’élégance dans sa volonté de ne pas prolonger le suspense indéfiniment. Valérie Létard a réservé la primeur de son choix aux élus de la majorité municipale réunis jeudi soir pour préparer le conseil municipal du lendemain. Confortée en début de semaine par Nicolas Sarkozy à son poste de secrétaire d’État à la Solidarité, elle n’était pas en position de claquer la porte du gouvernement. Ça n’était du reste sûrement pas son intention, a fortiori depuis que le Président de la République a annoncé vouloir donner la priorité aux sujets de société.
Elle qui avait décliné par deux fois, au lendemain des élections régionales de 2004, l’offre de Jean-Pierre Raffarin d’entrer au gouvernement, semble désormais décidée à aller au bout de l’aventure.
La place de première adjointe à la ville de Valenciennes, avec de larges attributions touchant à un domaine, le social, qu’elle connaît sur le bout des doigts, devrait lui permettre de se rapprocher au plus près du terrain. Qu’avait-elle à gagner à « s’encombrer » de la présidence de l’agglo ? Pas grand-chose, si ce n’est friser le surmenage.
Il n’en demeure pas moins que cette décision, personnelle, rouvre le champ des possibles pour la succession de Jean-Louis Borloo. Elle pourrait forcer Dominique Riquet, qui avait pourtant l’intention de préparer sa succession et de se retirer en douceur des affaires, à prendre ses responsabilités. Maire de la ville centre, il s’impose, de fait, comme l’un des leaders de la droite valenciennoise, dans son acception la plus large. À moins que Cécile Gallez, repartie pour un tour dans sa bonne vieille mairie de Saint-Saulve, ne soit de nouveau propulsée sur le devant de la scène, dans le costume du pompier de service qu’elle porte depuis 2002. En tout cas, ça ne sera pas Didier Legrand, manifestement en disgrâce (il n’est ni adjoint, ni délégué à l’agglo) après avoir tenu les cordons de la bourse de Valenciennes Métropole. Et si Jean-Louis Borloo reprenait les commandes ? Au fond de la salle, on en voit déjà qui commencent à sourire… •