La Voix du Nord - Edition de Lille Métropole - samedi 12 avril 2008
LMCU
Marc-Philippe Daubresse (UMP) : « Un apartheid a été décidé contre nous »
« Cette élection, arithmétiquement, je ne peux pas la gagner. Dont acte. » Lucide, l’UMP Marc-Philippe Dau-bresse sait qu’il ne lui reste guère de chances d’être élu dans une semaine président de la communauté urbaine. Mais quitte à perdre la bataille, ce sera les armes, politiques, à la main.
Alors, oui ! Pour ceux qui en doutaient, Marc-Philippe Daubresse ira jusqu’au bout de sa candidature. Et si la future présidence de LMCU semble promise à Martine Aubry, le député-maire de Lambersart est aujourd’hui toujours dans l’offensive.
> Un accord sur le programme ? - Il le répète : son programme est connu depuis longtemps. « Je viens de découvrir celui de Martine Aubry. Le mien est intégrable dans le sien, même si j’ai l’avantage de l’antériorité. » D’ailleurs, rappelle-t-il, lui était d’accord pour un débat devant la presse. « Mme Aubry ne l’a pas souhaité, je le regrette. » S’il doit y avoir un accord programmatique, la droite et le Nouveau Centre ne comprennent pas pourquoi ils en sont exclus. « Il n’y a pas de raisons de décréter un apartheid contre nous », même si le désaccord est profond sur les finances ou le rythme des projets à concrétiser. « Nous, on a mis une ligne blanche : non à une fiscalité supplémentaire sur les ménages et non à un recours à l’emprunt déraisonnable », lance-t-il, avant de dénoncer la cacophonie du « camp Aubry ». Un tableau à la main reprenant les principales déclarations des grands maires de gauche de la métropole, il pointe du doigt leurs désaccords sur le Grand Stade ou sur un nouvel impôt « ménages ». « Tout est opaque, les débats ont été occultés. »
> Un accord politique ? - Le ralliement autour de Mme Aubry serait donc un choix politique, « dicté par le sens du vent ». « Si cet accord est un accord politique, il s’agit d’une majorité de gauche complétée par un MoDem devenu succursale de la gauche… et par des maires souvent élus dans leur ville contre la gauche », explique l’ancien ministre. « C’est une vision qui ne correspond ni à ce qu’a fait Pierre Mauroy ni à la logique de territoires d’une communauté urbaine. » « C’est tout ce que souhaite Martine Aubry, lui répond Christian Decocq. Elle veut un accord politique avec une vraie opposition de droite. Cela lui offrira une tribune plus importante que celle de Lille, pour taper sur la politique gouvernementale. Une tribune dont elle a besoin. Et envie ! » Et là, M. Daubresse menace : « Les électeurs ont le droit de savoir les décisions que prennent leurs maires. Nous irons leur dire clairement que leur maire, élu avec des voix de droite, vient de rejoindre une majorité de gauche . » Quoi qu’il en soit, le Lambersartois sait bien qu’il risque d’obtenir vendredi uniquement les 28 voix de son groupe. Il pourra alors compter ses amis… pour les futures batailles. •
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La Voix du Nord - Edition de Lille Métropole - dimanche 13 avril 2008
POLITIQUE
Communauté urbaine : le groupe UMP se saborde
Il ne devrait plus y avoir à proprement parler de groupe UMP à la communauté urbaine. Un groupe élargi, ouvert à des maires sans étiquette et au centre, le remplacera. Une preuve supplémentaire du « divorce » d’avec le MPC d’Henri Ségard.
Marc-Philippe Daubresse le disait dans nos colonnes hier : « Je suis conscient qu’arithmétiquement, je ne peux pas gagner cette élection ». Cela n’empêche pas certains cadres de l’UMP de l’avoir mauvaise lorsqu’ils voient les « désertions » autour d’eux. Exemple : « Le programme présenté par M.-Ph. Daubresse, c’est le fruit d’un travail de plusieurs mois, en commun, avec le groupe Métropole Passions Communes », explique le maire de Marcq, Bernard Gérard. L’agenda des intéressés est formel : la dernière réunion avec Henri Ségard et Damien Castelain (maire de Peronne-en-Mélantois) date du 17 mars, soit le lendemain du second tour des municipales.
Aussi, les distances prises par Henri Ségard, ces derniers jours, irritent-elles à l’UMP. Conséquence plus ou moins directe : la disparition du groupe UMP pour un groupe dont le nom n’est pas encore défini (MCU, pour Métropole communes unies ?) et qui regroupera des maires UMP, des maires de sensibilité centriste (notamment issus du Nouveau Centre) et des élus sans étiquette issus de petites communes, « qui se sentiraient mal à l’aise dans tel ou tel groupe, dans une position bloquée ». Et dans « tel ou tel groupe », il faut lire, bien sûr, notamment, le MPC…
D’ailleurs, un premier transfert vient d’être enregistré cette semaine : celui de Jacques Houssin, le maire de Verlinghem.
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Lille + - 14 avril 2008

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Métro Lille - 14 avril 2008
